En état de «Grace»

26 mai 2009

Grace et Gloria

J’ai le bonheur de voir plusieurs pièces de théâtre chaque année; je me suis donné les moyens, par le bénévolat que j’y exerce avec bonheur, de m’offrir régulièrement ces moments privilégiés.

Les pièces que je découvre ou redécouvre sont parfois ludiques, parfois sombres, tantôt violentes ou plus ou moins hermétiques. D’autres fois elles sont des plus inventives, surprenantes; elles nous emmènent à l’occasion dans l’univers du rêve ou nous crachent en plein visage leur terre-à-terre déconcertant. Parfois, au théâtre-jeunesse, elles sont si touchantes et tout en finesse que nous retrouvons instantanément notre nature et nos émotions d’enfant. Tantôt réalistes, et quelques fois hautement symboliques, toutes ont pourtant  le même mérite: elles nous permettent de nous situer chaque fois et toujours un peu plus précisément dans notre quête de sens.

Dans mon univers théâtral de cette année, une rencontre foudroyante…  Le mot est presque faible. Deux femmes ont été mises sur ma route: Grace et Gloria.

Ces femmes m’ont tour à tour servi de miroir, de reflet. Plus touchante l’une que l’autre, elles m’ont accompagnée dans les dédales de mon univers spirituel, sur les sentiers du sens de mon quotidien; elles m’ont fait rire sincèrement et m’ont touché intensément. Elles ne prétendent rien régler; elles nous font juste nous questionner… pour mieux redonner sens. L’âme que leur a donné Tom Ziegler et la parole de chez nous que leur a insufflé Michel Tremblay témoignent d’un talent et d’une inspiration à leur zénith. La vie que leur a donné Jacques lessard et le souffle des deux interprètes, Denise Gagnon et Sophie Dion, nous les rendent si vraies, si belles (oui Grace, tu es belle…) que je m’incline et adhère à l’idée répandue que cette pièce est un chef-d’oeuvre; j’ajouterais: un incroyable hymne à la Vie!

Je vous souhaite ardemment de vivre cette aventure  au Théâtre La Fenière où est joué Grace et Gloria. Vous sortirez de là remués, bouleversés. C’est jusqu’au 18 juillet. J’ai l’impression que les billets vont disparaître comme une volée de papillons…

www.lafeniere.qc.ca 


Cultiver l’art du désir…

17 décembre 2008

J’ai vécu au printemps, lors d’une séance photos chez une amie peintre, une rencontre absolument sublime… une rencontre avec une oeuvre d’art. Le tableau en question était par terre, appuyé sur un mur et enveloppé dans un papier bulles; seul un coin dépassait de l’emballage d’un autre tableau qui le cachait. Et derrière cette robe de plastique, des couleurs riches et profondes et un mot, un mot peint en blanc. Le mot «créer».

Je n’ai pû me retenir de photographier cette part de tableau qui trahissait ce souhait qui m’habite tant: créer… Et au fil de nos riches échanges sur l’art et la vie d’artiste, mon amie peintre me confie qu’elle aimerait me montrer une oeuvre; une oeuvre qu’elle considère alors comme une oeuvre de passage, une oeuvre un peu nouvelle par rapport à ce qu’elle avait fait avant car un personnage prenait tout à coup beaucoup de place.

En toute spontanéité, elle installe le tableau sur le mur de son atelier et m’invite à venir le voir. Elle me dit qu’elle me laissera seule pour me permettre de le regarder tranquille. Elle me dit qu’elle attendra mes commentaires, qu’elle sera dans la cuisine.

Je m’installe donc dans l’atelier, face au tableau. Je suis sidérée et mes yeux s’ouvrent tout grands; c’est le fameux tableau avec le mot sacré: créer.

Je suis hypnotisée par son personnage qui ne semble ni être un homme, ni une femme; on dirait plutôt une âme faite corps… enfin c’est ce que je vois; étrange mais apaisant. Et il y a d’autres mots qui côtoient créer. Des mots qui me fouettent.  Des mots à saveur universelle qui invitent à l’émerveillement, qui suggèrent l’audace, qui ouvrent à la vie, qui invitent à la beauté… OUF! Et là, je ne peux retenir mes larmes; je pleure en silence… touchée de me retrouver comme devant le miroir de ma vie; ma vie vécue, ma vie rêvée, ma vie à venir…

Je suis foudroyée: je viens de rencontrer mon «oeuvre-soeur». Je dois l’adopter sans faute. Il s’agit de mon tableau, le mien. Et l’attente commence dès lors, au printemps 2008. Le dit tableau s’est promené dans quelques expositions depuis, avec un petit rond rouge sur son carton de présentation, indiquant qu’il avait trouvé preneuse. Je suis même allée lui rendre visite en galerie, histoire de garder le lien bien vivant!

Nous voilà en décembre et je m’apprête à recevoir  chez moi, d’ici quelques semaines, cette oeuvre phare pour ma propre création. Il s’intitule Parcours d’une vie.  Comme cette attente fut longue, mais bonne. J’ai maintenant le coeur tout à fait disposé à accueillir mon tableau. J’ai pris le temps de lui faire une place sur mon mur, une place signifiante au fond de mon coeur.

Ce sera sans aucun doute le plus beau cadeau que je me sois offert depuis des lunes! Je lève aujourd’hui mon chapeau et je m’incline bien bas devant la puissance de l’attente et du désir; quelles forces constructives et bienfaisantes!


Messe de la nuit de Noël

9 décembre 2008

Vous êtes dans la région de Québec et vous cherchez un endroit pour vivre une belle messe le 24 au soir?

Je vous propose celle de 20h à l’église Saint-Michel de Sillery ou de 22h30 et aussi minuit, à l’église Notre-Dame des Victoires à Place Royale.

L’Ensemble vespéral de Québec, auquel j’appartiens, y assurera la musique (10 voix professionnelles) … ravissement pour le coeur et les oreilles!

Au plaisir! qui sait…


Un vent de bonheurs!

31 octobre 2008

Quelle semaine pour notre famille!!! Je résume:

Premièrement: Bravo Daniel!… tu as gagné le jeu Bluff lors de ton passage à Télé-Québec samedi dernier. Un premier gain qui en appelle un autre si les choses vont aussi bien la prochaine fois. Tu passes maintenant en semi-finales. Confiance et assurance surtout!

Deuxièmement: Bravo Gabriel!… tu as gagné la finale provinciale de la ligue AAA avec ton équipe collégiale. Quel match! Et quelle belle aventure à venir! Un beau voyage en Colombie-Britannique pour disputer le championnat canadien. WOW! Tu as raison d’être fier… et nous le sommes vraiment beaucoup aussi. Une récompense merveilleuse pour des années de dépassement et d’efforts! Merde! C’est pas fini…

Troisièmement: Bravo Myriam!… ton passage à Star académie a été une occasion de plus de te prouver que tu es sur la bonne voie, que tes efforts et que la route qui s’ouvre est pleine d’avenir et de promesses pour toi!… Je félicite ton culot et ton courage! Et je suis bien contente de ne pas avoir à organiser de campagnes pour organiser le vote pour toi!!!

Quatrièmement: Bonne fête Thomas!… quand le bébé de la famille a quinze ans, ça fesse! C’est un rappel brutal du temps qui passe, et surtout, c’est la mémoire de toutes ces belles années passées avec toi. Ta venue dans notre famille est un bon et grand coup! Merci la vie! Je t’aime Thomas…

Que ce vent est bon!!!


Belle audace Myriam!

24 octobre 2008

À peine l’aventure des Misérables terminée, du moins sur scène car nous pourrons les entendre sur disque bientôt, que Myriam - alias Cosette – ose encore…

Imaginez-vous que la belle a eu l’idée d’aller se faire entendre à une première audition de Star Académie il y a quelques mois, juste pour l’expérience de vivre l’expérience. Cela ne s’arrête pas là… On vient de l’approcher pour qu’elle revienne pour une deuxième audition. Publique et en direct celle-là!

Donc, ce lundi 27 octobre au soir, asseyez-vous confortablement devant vos télévideurs (oh… quel lapsus digital intéressant…) et surtout, faites-lui l’honneur de votre vote si vous voulez vraiment l’encourager… C’est à TVA.

Mais au-delà de toute la «patente», l’important pour elle est de se faire entendre par des joueurs majeurs de l’industrie de la musique. Elle n’a rien à perdre je crois bien! et vive l’audace!

Merde Myriam!


À la troupe du Théâtre de l’Atelier

29 septembre 2008

Je ne peux résister plus longtemps au désir que j’ai de vous écrire, chers artisans, histoire de vous partager mes réflexions suite à ce jeudi béni du 25 octobre 2008 où j’ai revu pour une seconde fois ce grand Notre Hamlet, au subventionné Théâtre Premier Acte.

Je dis «béni» car l’intensité du moment est unique et difficilement inégalable (au théâtre bien sûr! ;-) ).

Je dis «béni» car les charges émotives tranportées sur le dos des comédiens nous sont transmises avec une habileté déconcertante.

Béni, car l’enchantement nous transporte du début à la fin dans ce pays de rires et de larmes savamment orchestrés.

Vous nous partagez avec tant de générosité votre implication totale dans la peau de vos personnages, qui interprètent ensuite ceux de Shakespeare, que nous ne pouvons faire autrement que de vous aimer dans vos souffrances et votre fragile et sympathique humanité. Vos présences parmi nous avant la pièce et à la pause renforce notre communion à un tel point que notre regard sur ce qui se passe sur la scène revêt par la suite une profondeur immense. En tout, pour vous, trois heures de don de vous-mêmes sous vos masques et dans une chaleur quasi accablante.

Photo Érick Labbé, Le Soleil

Parlons-en de vos masques de comedia del’arte. Quelle idée de génie! Jamais, jamais, ils ne viennent enlever une once de l’intensité de la tragédie, jamais ils n’enlèvent de pertinence et de justesse au propos. Ils sont devenus des outils pour livrer les sentiments les plus profonds et pour voir au delà de l’évidence… Étrangement, ils participent à une plus grande vigilence dans l’écoute du texte; ils nous donnent accès à la subtilité des mots que vous livrez avec tant de passion…

Et la musique, divine musique! Comme elle est présente et belle et touchante et percutante et envoûtante et enveloppante… Les musiques de Purcell (dont j’aimerais vraiment connaître les références) et la trame ostinato sont d’une telle efficacité… J’en ai encore la chair de poule quand j’y pense!

Bon, c’est un peu méli-mélo tout ce que je vous dis, mais je voulais transmettre aux 26 personnes que vous êtes ou incarnez, toute mon admiration et tous mes mercis des plus sincères pour ce vous m’avez fait vivre encore une fois. Le génie de la céativité prend plusieurs chemins et à l’évidence, il s’est grandement plû à croiser le vôtre.

Merci encore et bravo mille fois.

Une bénévole de Premier Acte qui n’a jamais été aussi heureuse d’être bénévole à Premier Acte et qui espère votre retour à Québec et celui de Notre Hamlet. Je le reverrai si la vie me le permet…

P.S. Et c’est vrai que les britanniques sont sympathiques!!!


Cosette et compagnie

14 septembre 2008

Je ne peux passer sous silence la soirée ennivrante que j’ai passée cette semaine. Les musiciens, les comédiens,  et les chanteurs qui sont unis dans la comédie musicale Les Misérables nous font vivre trois heures captivantes, trois heures qui passent à la vitesse de l’éclair. On en prendrait encore! La mise en scène de Frédéric Dubois y est pour beaucoup; on a délibérément choisi de retirer de la pièce originale quelques scènes qui n’apportent rien d’essentiel et qui rallongent énormément la comédie musicale. Heureux choix! Et Victor Hugo nous rend témoins d’âmes qui oscillent entre le bien et le mal, entre les questions qui nous hantent tous un jour où l’autre: celles sur le sens de notre vie. Une longue prière…

Toute la famille a beaucoup aimé et est tombé sous le charme des interprétations de Jean Valjean, Fantine, les Thénardier, Javert, Enjolras et à l’unanimité, sans aucun doute, celle d’Éponine (à surveiller dans le futur…).

Et notre coeur était tout entier dévoué à la belle Cosette, incarnée par nulle autre que Myriam!!! Oui, ma petite soeur! Quelle voix! (Myriam, tu évolues maintenant dans les ligues majeures et tu t’y intègres parfaitement, avec aisance et professionnalisme. Bravo! Je suis vraiment très fière de toi, du chemin que tu parcoures un pas à la fois. Tu as bien fait de demeurer dans le merveilleux monde des comédies musicales, ça te va comme un gant!)  Et le contre-do, fais-t’en un ami! Il te sera fidèle, tu verras!

Tous ici, on a été séduits par Les Misérables et je vous souhaite la chance d’aller le voir avant que ça finisse, le 19 octobre. C’est au Capitole à Québec et ça vaut le détour!


Et tourne le Moulin à images…

14 juillet 2008

Quand les images et la musique s’unissent pour évoquer une histoire sans nul besoin de mot, c’est grandiose.

Quand la technologie s’allie à l’inspiration folle et libre, c’est magique.

Quand un bâtiment mal-aimé et gigantesque devient invitant et attirant, c’est captivant.

Quand 40 minutes réussissent à nous faire traverser l’évolution de Québec, c’est une prouesse.

Quand les symboles choisis parviennent à nous faire frissonner d’émotion, c’est génial.

Quand une présentation nous donne le goût de revenir la voir, et plus d’une fois, c’est un coup de maître.

Voilà ce qu’est pour moi le Moulin à images de Robert Lepage et de toute son équipe.
Ne le manquez pas si vous êtes à Québec! Et dites-moi ce que vous en avez pensé…


Peur des ours?

12 juin 2008

Dans un coin de Charlevoix où je me réfugie régulièrement, les ours occupent les forêts bien sagement… À moins qu’on ne les dérange auprès de leurs petits! Ils se font plus visibles au début du printemps lors de leur quête alimentaire d’après l’hiver et pendant leur période de rut. Les attaques d’humain par les ours sont vraiment rarissimes et les parcs naturels nous donnent vraiment tous les conseils nécessaires afin de les éviter. Mais quand ça se produit, on en entend parler beaucoup… et c’est compréhensible.

Mais parfois, la peur devient irrationnelle… Vous voulez une preuve? Rendez-vous à cette adresse et vous verrez de quoi je parle! Allez-y, ça vaut l’coup! C’est une de mes photos prise sur le vif et dont je suis très fière! Sans rancune Ghislain?

www.ghislainbedard.wordpress.com/2008/06/12/

Dire qu’ils sont si mignons… :-)


Je m’incline…

9 juin 2008

Ouais, je sais…Je n’avais pas misé sur le bon cheval… Federer en a arraché et pas à peu près… mais c’est le mien quand même!


Prêts pour l’Euro 2008 et la finale de Roland-Garros?

7 juin 2008


J’écoute trrrrrrrrrrrrès rarement le sport à la télé. Il me semble toujours avoir quelque chose de plus intéressant à faire. Mais deux sports me font déroger à la règle… le tennis et le soccer.

En cette fin de semaine du 7-8 juin, j’ai donc droit à l’apothéose: le merveilleux match de tennis à Roland-Garros entre Nadal et Federer, qui s’affrontent pour la troisième année consécutives en finale! Quel suspense! Et les premières diffusions de la coupe Euro en soccer…

Aurai-je le temps d’en profiter un brin? ça reste à voir… mais j’aurai des élans réguliers pour me rincer l’oeil en admirant deux sports qui me passionnent, l’un par sa noblesse et l’autre, par ses stratégies d’équipe et sa résonance immense dans notre vie de famille.

Je prendrai sûrement le temps, au passage, d’admirer ces corps d’athlètes, qui, selon moi (et ma fille :-) ), sont les plus beaux, toutes disciplines sportives confondues!(avantage collatéral)

Et je ne vous dis pas pour qui je prends… sauf que:


L’oiseau vert… énergique folie!

15 mai 2008

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Je me suis gâtée mardi soir en allant voir une  autre pièce de théâtre, cette fois complètement éclatée! J’ai un penchant naturel pour le théâtre qui touche ma sensibilité et qui chavire mes idées préconçues, qui m’amène, à la sortie, à poser un regard différent sur la vie… Ce n’est pas le cas de l’oiseau vert. Et tant mieux! Elle n’y perd en rien!

Cette fois, que du plaisir, du rire, de la caricature et de l’énergie à la puissance 10. On a ajouté à ce mélange explosif de la manipulation de marionnettes, ce qui renforce la magie déjà étonnante des décors, de la mise en scène, de l’atmosphère générale. L’intervention en direct des musiciens-bruiteurs met aussi du piquant à toutes les scènes! Magie… vraiment. J’ai passé toute la soirée avec le sourire accroché aux lèvres… que ça fait du bien! Vous êtes curieux? c’est au Trident à Québec et ça se termine dans 2 jours! Vite!!! www.letrident.com/index.php/saison/loiseauvert


«Pourquoi prenez-vous des photos?» me dit-il.

17 avril 2008

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Mardi après-midi, j’ai eu l’envie irrésistible d’aller faire de la photographie pour tenter de capter une image qui m’avait frappée quelques temps auparavant. J’étais fébrile à l’idée de retrouver des nacelles élevées vers le ciel, toutes entreposées dans la cour d’un commerçant d’un quartier industriel. «Allons faire de premières ébauches» me suis-je dis avec enthousiasme.

Une fois sur les lieux, je retrouve alors avec joie la mise en scène tant espérée et pars à l’aventure sans plus attendre dans le quartier bruyant, poussiéreux, où les automobiles et les dix roues circulent à une vitesse étonnante. Tout cela m’impressionne un peu et j’ai le désagréable sentiment de recevoir sur moi, à part les sacs de plastique et les déchets qui virevoltent autour de moi, un millimètre de poussière à la minute. J’étouffe. Mais je mets derrière moi ces désagréments avec la ferme intention de capter mes images, espérant trouver l’angle parfait pour saisir mes nacelles. Je fais donc le tour du propriétaire (hors des clôtures bien sûr) en allant et revenant sur mon chemin à quelques reprises.

D’autres images me fascinent pendant mon périple et je suis complètement dans ma bulle. Je repasse pour la troisième fois devant le commerce quand sort de l’entreprise un homme robuste et bien planté, grand et chauve avec des lunettes fumées, vêtu d’une chemise à carreaux rouges et noirs; il s’avance vers moi d’un pas ferme et assuré. Je ne vous mentirez pas, il m’a intimidé un brin. C’est alors qu’il s’approche et me demande sans façon: «Pourquoi prenez-vous des photos ?» petit silence de ma part, étonnée de me faire demander cela… après tout, la vue est publique et je ne suis pas en tort. Mais rapidement je me dis qu’il me soupçonne d’espionnage industriel ou pense que je fais un reportage sur la pollution visuelle. Je réponds alors avec la plus grande sincérité en disant: «Mais parce que c’est beau!». C’est à son tour à garder un silence étonné… J’en rajoute en lui confiant que chaque fois que je passe par là, je m’émerveille de ces nacelles toutes élevées vers le ciel et que les bleus, les rouges et les jaunes sont magnifiques!!!» Il commence à sourire… Et je rajoute naïvement: «Vous savez, j’aime faire de la photo symbolique et tout ça, c’est de la poésie industrielle!…» Et là, je crois qu’il a craqué. Son sourire s’est ouvert davantage et d’un sincère «c’est beau, vous pouvez continuer!», il est reparti dans son entrepôt. Pas un mot de plus. Devant moi en tout cas.

J’ose à peine penser à ce qu’il a dû raconter à ses collègues en rentrant. Peut-être a-t-il suggéré à ses potes de travail qu’il y avait une folle à l’extérieur qui faisait de la «poésie industrielle». J’entends d’ici les rires juteux. Cela m’est égal. Je suis repartie moi-même en riant de ma réplique. Je me suis trouvée drôle ce jour-là. Il m’arrive de me dire aussi que cet homme, pour la première fois de sa vie, a peut-être vu en sa lourde machinerie qu’il côtoit quotidiennement, un peu de beauté et de poésie!…

poésie industrielle
Premier essai de poésie industrielle, 2008.


Richard Trois… deux, un, ALLEZ-Y!

3 avril 2008

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J’ai assisté hier soir à une pièce de théâtre mémorable. J’en suis encore chavirée de bonheur. Deux comédiens, au sommet de leur art, sans doute, y incarnent plus d’une quarantaine de personnages à eux-seuls.

Jacques Leblanc et Lorraine Côté se donnent corps et âme pendant deux heures où il est impossible de s’ennuyer, tellement le rythme des changements de scènes et d’émotions est vif et soutenu. Dans un univers froid, noir et inox, nous sommes témoins du machiavélisme de Richard Trois qui est prêt à tout pour accéder au trône. La mort et la tragédie sont au rendez-vous… et aussi le rire, jusqu’au larmes dans mon cas, car la mise en scène regorge de clins d’oeil humoristiques. Il semble que Shakespeare même devienne encore plus grand qu’il ne l’est déjà, grâce au talent de  Marie-Josée Bastien, la metteure en scène, et aux trouvailles et à la générosité d’interprétaion de nos deux comédiens.

Mon ami et moi avions le souffle coupé à la fin de la pièce… par tant d’intensité! Si vous n’aviez qu’une seule pièce à voir cette année, c’est sans aucun doute celle vers laquelle vous devriez courir, de peur de la manquer. Digne du Masque de la production théâtrale de Québec ou de ceux d’interprétation féminine et masculine, Richard Trois m’a conquise à 100%.

Vous avez le goût de faire aimer le théâtre à quelqu’un de votre entourage? C’est le moment!

Richard Trois
Au Théâtre de la Bordée

http://www.bordee.qc.ca/richardtrois.html
jusqu’au 12 avril