Je fais miens ces mots de Gaston Miron, poète et éditeur Québécois, amoureux fou de sa patrie à venir…

23 septembre 2009

POUR MON RAPATRIEMENT
 
Homme aux labours des brûles de l’exil
selon ton amour aux mains pleines de rudes conquêtes
selon ton regard arc-en-ciel bouté dans les vents
en vue de villes et d’une terre qui te soient natales
 
je n’ai jamais voyagé
vers autre pays que toi mon pays
 
un jour j’aurai dit oui à ma naissance
j’aurai du froment dans les yeux
je m’avancerai sur ton sol, ému, ébloui
par la pureté de bête que soulève la neige
 
un homme reviendra
d’en dehors du monde

Gaston Miron


Les observations d’une bibliothécaire…4 (ou: comment tuer le goût de la lecture!)

14 septembre 2009

Ce qui me fait particulièrement plaisir, dans le cadre de mon travail, c’est quand une clientèle jugée marginale se présente et viens consulter les richesses culturelles de la bibliothèque. Ce fut le cas cette semaine. Un petit groupe à problèmes de comportement -c’est ainsi que l’éducatrice me les a présentés- s’est présenté au secteur jeunesse, des jeunes de 9-10 ans. Ils avaient pour mandat de chercher sur le catalogue informatique, un livre qu’ils avaient envie de lire.

J’intitule ce billet: Pardon, petit…

Premier bogue: que fais-tu si tu n’as pas la chance de connaître un titre de livre qui te plaît? Tu cherches vainement…

Tu as 10 minutes pour trouver le titre de ton choix.

Deuxième bogue: que fais-tu quand tu ne sais pas quoi chercher et que les dix minutes passent, et passent? Tu te fais réprimander par ton éducateur…

On te laisse donc une dernière chance pour être bon garçon et faire comme les autres.

Troisième bogue: que fais-tu quand ta recherche demeure infructueuse au cours des cinq minutes de grâce accordées? Tu stresses et paralyses…

On te fait clairement sentir que tu dépasses les limites et les menaces de ne jamais revenir à la bibliothèque fusent dans la bouche de l’éducateur; C’est là que super Lulu a voulu venir à la rescousse du jeune homme. Comment? En lui offrant mon aide tout simplement pour trouver un livre intéressant pour lui. Je me lève et… On te réprimande alors sévèrement ton manque d’intérêt, ton désir de toujours vouloir faire différemment des autres, que tu es de mauvaise foi, qu’on va appeler tes parents, etc. Le ton monte.

Quatrième bogue: Que fais-tu quand ton éducateur ne voit que du rouge et t’accable de tous les défauts de la terre? Tu te rebelles et te retranches dans ce que tu connais le mieux: tu t’opposes!

Et moi, devant cette escalade guerrière, devant les tons de voix qui montaient de plus en plus, je n’ai plus osé m’avancer pour t’offrir mon aide… j’ai senti que j’arrivais trop tard… on ne parlait plus de livres, mais d’un conflit entre un jeune et un adulte frustrés de part et d’autres. J’étais déçue de ne pouvoir partager quelques minutes avec ce jeune pour tenter de lui dénicher le livre rare, celui qui le ferait voyager dans d’exquises contrées imaginaires!

Ce que j’ai fait? En premier de tout, j’ai ragé à l’intérieur en me disant qu’on avait ici manqué la chance de faire grandir un petit gars, qu’on s’était -inconsciemment sûrement- acharné à le rabaisser… Je me suis dit: Bravo, on vient d’écoeurer un jeune à vie des livres!

Ensuite, comme pour me reprendre, j’ai fait venir un de ses copains de classe tout discrètement à mon bureau… Je lui ai dit que j’avais un message super important… un message qu’il devait livrer au jeune en question (qui avait déjà été escorté vers la sortie) sans faute!

Je lui ai dit: Dis à ton ami que la prochaine fois qu’il viendra à la bibliothèque dans le cadre d’une activité de classe, qu’il vienne me voir sans hésiter pour que je puisse l’aider dans ses recherches… Je lui ai fait promettre qu’il le lui dirait.

Car après tout, c’est de ça dont il était question: une banale recherche de livre!…

La prochaine fois, j’interviendrai avant que ça ne dégénère… Pardon, petit! et j’espère vraiment te revoir.


Promenade en forêt

6 septembre 2009

Voir la forêt, la sentir, la toucher, l’entendre… ressentir la paix qu’elle nous inspire, respirer la lenteur qu’elle nous suggère. Marcher dans sa terre un peu molle qui craque à la moindre petite branche piétinée, qui dégage son parfum gratuit d’humus… S’approcher de la rivière et se laisser envahir par ses mélodies changeantes, percevoir le bruit du vent traversant humblement le sommet de ses arbres…. Savourer la fraîcheur qu’elle offre en plein midi et s’asseoir pour contempler; rien que contempler…

Écouter son message:

Tu es faite de la même poussière d’étoile que moi. Bienvenue chez toi!