
La patience de l’Étoile
.
© Lucie Brousseau, 2008
J’ai vécu au printemps, lors d’une séance photos chez une amie peintre, une rencontre absolument sublime… une rencontre avec une oeuvre d’art. Le tableau en question était par terre, appuyé sur un mur et enveloppé dans un papier bulles; seul un coin dépassait de l’emballage d’un autre tableau qui le cachait. Et derrière cette robe de plastique, des couleurs riches et profondes et un mot, un mot peint en blanc. Le mot «créer».
Je n’ai pû me retenir de photographier cette part de tableau qui trahissait ce souhait qui m’habite tant: créer… Et au fil de nos riches échanges sur l’art et la vie d’artiste, mon amie peintre me confie qu’elle aimerait me montrer une oeuvre; une oeuvre qu’elle considère alors comme une oeuvre de passage, une oeuvre un peu nouvelle par rapport à ce qu’elle avait fait avant car un personnage prenait tout à coup beaucoup de place.
En toute spontanéité, elle installe le tableau sur le mur de son atelier et m’invite à venir le voir. Elle me dit qu’elle me laissera seule pour me permettre de le regarder tranquille. Elle me dit qu’elle attendra mes commentaires, qu’elle sera dans la cuisine.
Je m’installe donc dans l’atelier, face au tableau. Je suis sidérée et mes yeux s’ouvrent tout grands; c’est le fameux tableau avec le mot sacré: créer.
Je suis hypnotisée par son personnage qui ne semble ni être un homme, ni une femme; on dirait plutôt une âme faite corps… enfin c’est ce que je vois; étrange mais apaisant. Et il y a d’autres mots qui côtoient créer. Des mots qui me fouettent. Des mots à saveur universelle qui invitent à l’émerveillement, qui suggèrent l’audace, qui ouvrent à la vie, qui invitent à la beauté… OUF! Et là, je ne peux retenir mes larmes; je pleure en silence… touchée de me retrouver comme devant le miroir de ma vie; ma vie vécue, ma vie rêvée, ma vie à venir…
Je suis foudroyée: je viens de rencontrer mon «oeuvre-soeur». Je dois l’adopter sans faute. Il s’agit de mon tableau, le mien. Et l’attente commence dès lors, au printemps 2008. Le dit tableau s’est promené dans quelques expositions depuis, avec un petit rond rouge sur son carton de présentation, indiquant qu’il avait trouvé preneuse. Je suis même allée lui rendre visite en galerie, histoire de garder le lien bien vivant!
Nous voilà en décembre et je m’apprête à recevoir chez moi, d’ici quelques semaines, cette oeuvre phare pour ma propre création. Il s’intitule Parcours d’une vie. Comme cette attente fut longue, mais bonne. J’ai maintenant le coeur tout à fait disposé à accueillir mon tableau. J’ai pris le temps de lui faire une place sur mon mur, une place signifiante au fond de mon coeur.
Ce sera sans aucun doute le plus beau cadeau que je me sois offert depuis des lunes! Je lève aujourd’hui mon chapeau et je m’incline bien bas devant la puissance de l’attente et du désir; quelles forces constructives et bienfaisantes!
Vous êtes dans la région de Québec et vous cherchez un endroit pour vivre une belle messe le 24 au soir?
Je vous propose celle de 20h à l’église Saint-Michel de Sillery ou de 22h30 et aussi minuit, à l’église Notre-Dame des Victoires à Place Royale.
L’Ensemble vespéral de Québec, auquel j’appartiens, y assurera la musique (10 voix professionnelles) … ravissement pour le coeur et les oreilles!
Au plaisir! qui sait…