Depuis quelques années, nous acceptons sans réfléchir le lieu commun suivant: «J’attends le débat pour fixer mon vote». À mon avis, il y un glissement dangereux dans cette affirmation; nous remettons le sort de toute la collectivité entre les mains de la personnalité politique qui paraîtra le mieux. Paraître.
Je ne nie pas l’importance du charisme chez un futur chef d’état. Loin de là. Cependant, nous nous en remettons à des faiseurs d’image qui tentent de trouver la stratégie gagnante pour nous rendre l’un ou l’autre plus sympathique, moins arrogant, plus respectueux, moins amorphe, plus courtois, moins ennuyeux, plus empathique, etc.
Que fait-on des vrais enjeux alors? Où relèguons-nous les fondements de l’existence de chacun des partis en lice? Comment affirmerons-nous notre vision du Québec à venir? En votant pour celui qui a le mieux parlé, qui a le mieux surpris ses adversaires, qui a la plus belle tonalité de voix, qui avait le plus bel habit, qui maîtrisait le mieux ses interventions apprises par coeur et répétées des dizaines de fois pour avoir l’air le plus naturel possible?
Je mets sur le banc des accusés ces fameux débats. Pas tant pour ce qu’ils sont en eux-mêmes que pour l’importance disproportionnée qu’ils ont pris dans nos intentions de vote. J’en ai contre nos esprits qui s’endorment et qui deviennent un peu paresseux. Cela demande un effort un peu plus grand d’aller visiter les sites de chacune des formations politiques pour voir les valeurs qu’ils soutiennent, c’est vrai. Mais cela permet d’aller au fond des choses et de comprendre la portée de son vote, plutôt que de signer un chèque en blanc au meilleur orateur d’une soirée.
Je suis souverainiste et à tendance socio-démocrate. Je suis déçue de voir que tout ce qui motive le parti libéral est l’économie. Je voterai quand même pour M. Charest car on dit qu’il s’est bien défendu lors du débat. C’est quoi l’affaire??? Votons donc pour que puissent prendre vie nos valeurs fondamentales, telles qu’elles soient, et relativisons donc ces fameux débats… Être.
Bon vote!
27 novembre 2008 à 12:56 |
Bonjour Lucie, je suis d’accord avec ton affirmation qu’on ne devrait pas se fier au débat des chefs pour se faire une opinion car être un excellent orateur ne veut pas nécessairement dire être un excellent chef d’état. Pour ma part, je préfère lire sur les objectifs de chacun des partis pour me faire une opinion et voter selon mes convictions. Mais je dois dire que j’ai bien aimé madame Marois lors du débat
27 novembre 2008 à 8:32 |
Dans ce fameux débat, on n’a aucunement parlé de l’enjeu qui est parmi les plus importants pour l’avenir de notre société et de l’humanité, à l’heure de cette crise planétaire : la protection de l’environnement et l’épuisement des ressources planétaires. Qui a parlé de développement et d’économie durables? Pourtant, les spécialistes le disent : le ressort de l’économie passe par l’environnement. Qui a parlé de l’impact de nos modes de consommation effréné sur l’avenir de la planète, sur les populations mondiales et les ressources de notre Québec? Pourtant, les ressources de la planète sont limités, et le plus beau plan économique ne pourra rien contre le manque de ressources. De l’avenir compromis des sept prochaines générations? Pourtant, nos enfants auront-ils ce que nous aurons eu?
Le voilà le projet de société tant attendu : ensemble, mettre les mains à la pâte pour redonner vie à notre planète!
Le rêve d’”espace économique” de M. Charest, d’écoles plus “rigides” de M. Dumont et d’un Québec “qui a tous les pouvoirs” de Mme Marois font piètre figure devant ces enjeux mondiaux. Mais sur quelle planète vivent-ils tous, nos politiciens? N’en ont-ils que pour leurs poches? Comment peuvent-ils manquer autant de vision et se sentir aussi peu responsables de l’avenir?