Courte récapitulation:
J’inscris ma famille après 3 ans d’hésitation à la livraision de paniers de légumes bio par un fermier de la région stop. 375$ stop. Je nous serre la ceinture stop. Aucune livraison de l’été stop. Processus de médiation mis en branle stop. Échec stop. Fermiers malades, surendettés et non solvables stop.
Constats:
J’ai devant moi deux êtres humains qui ploient sous les inquiétudes financières (en effet, ils peinent à assurer leur pain quotidien), deux personnes qui sont sous suivi médical vu leur santé mentale précaire sinon dramatique et dont le jugement est malheureusement altéré, deux parents dépassés par les événements, deux fermiers désemparés…
Peu importe l’action que je pourrais prendre contre eux, (pousser à la faillite, reconnaissance de dettes, petites créances etc.) aucun jugement m’étant favorable ne pourrait être éxécuté, faute d’argent (les chiffres ont été vérifiés dans le processus de médiation), et je me retrouverais dernier créancier, donc la Caisse populaire et les fournisseurs auraient priorité. Mon temps, d’autres sous et mon énergie gaspillés en vain.
Que faire alors? C’est là que la conscience personnelle entre en jeu. Puisque nous en sommes arrivés à la conclusion qu’aucune action collective ne serait efficace, je reste à jongler avec mes pensées pour trouver «ma» meilleure solution. Alors je fais silence et j’écoute…
Quand j’envisage toutes les autres solutions , une seule me laisse totalement en paix. Une seule ne me rend pas malheureuse, une seule me donne l’impression de ne pas empirer les choses. Laquelle?… Faire mon deuil de cet argent. Ce sera un peu mon «donnez au suivant»…
Mais ma conscience ne serait pas totalement tranquille si je gardais le silence complet face à ce couple qui a utilisé mon argent à d’autres fins que celles pour lesquelles je lui avais donné… Je lui lancerai donc mon invitation à donner au suivant, à son tour…
Stop.
P.S. Merci à nos cinq partenaires qui se sont dévoués pour tenter de dénouer l’impasse et à Équiterre pour son soutien moral et technique. À tous les partenaires je souhaite une bien meilleure expérience la prochaine fois! On est tombé sur la pomme pourrie d’un panier rempli de merveilleuses pommes saines pour la santé!
9 septembre 2008 à 3:29 |
J’aurais fait comme toi. Cette famille semble démunie à bien des égards, et pas du tout malfaisante.
Je me souviens de mon premier commentaire à ce sujet sur ton blogue. Je redoutais une escroquerie patentée! Mais visiblement, il s’agit de grande souffrance, plutôt.
Les inviter à donner au suivant: quelle belle façon de conclure l’aventure. Tu as une belle créativité humaine!
9 septembre 2008 à 8:21 |
Merci Lucie pour cette réflexion!
Comme toi, je fais le deuil de cet argent… mais en fait, ta réflexion m’amène plus loin que ca: J’en fait don à des personnes démunis qui en avaient besoin.
J’ai tellement recu de la vie et j’ai cette capacité de donner au suivant.
Tu m’as aidé a faire la paix dans mon coeur.
Merci!
10 septembre 2008 à 1:24 |
Merci les filles! vraiment…
vos commentaires me soutiennent dans ma décision et je suis heureuse de reconnaître d’autres «chercheurs de paix»…
La vie nous le rendra bien Caro… tu verras!
24 septembre 2008 à 9:38 |
Rebonjour Lucie (pour une 2e fois ce matin
) Comme il est rassurant de se rendre compte que d’autres personnes pensent comme nous et n’ont pas seulement des idées de vengeance. J’ai aussi suivi cette saga dans l’actualité car j’ai, durant les 2 dernières années, adhéré à cette option d’avoir de bons légumes bios frais, par le biais des paniers bios où l’on paie à l’avance à l’agriculteur pour lui permettre d’acheter ses semences au printemps. J’ai eu la chance de toujours avoir mes légumes… mais si j’avais fait partie du groupe de personnes reliées à ces 2 agriculteurs, je n’aurais pas porté action et je m’en serais plutôt servi comme une expérience de plus à vivre. Bravo à tous ces “chercheurs de paix”.