Mais je me tais…

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L’on fait avancer sur mon fleuve les ombres de navires bourrés de gaz, et je me tais.

L’on s’attaque à la dignité de journalistes de ma ville, et je me tais.

L’on saccage les boisés grouillant de vie de mes banlieues pour y transplanter du béton, et je me tais.

L’on insulte les employés qui veillent au bon fonctionnement de ma cité, et je me tais.

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Mais quel est ce silence?

C’en est un plein d’indignation, teinté de colère et d’exaspération.

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Mais je crie, pourtant! Je crie en appuyant la résistance, en boycottant un journal rendu trop insipide, en marchant et en utilisant le transport en commun le plus possible, et en travaillant avec toujours autant de respect pour le public.

Mais ce cri-là est bien discret. Il peut paraître comme un sommeil, un peu trop calme, retenu. Il se vit dans la solitude. Mais mille solitudes rassemblées, et là s’élève une clameur. Et on l’entend alors, bien ferme et appuyée: le cri de la solidarité…

Car je l’aime ma cité. Mais je me tais.

2 réponses vers «Mais je me tais…»

  1. Gérard Laverdure dit :

    Je trouve essentiel d’oser prendre la parole, pour se dire, pour se relier, pour participer. Démocratie! Vigneault a dit: «Les gens de mons pays sont gens de parole et gens de causerie». On se parle! On chiale pas mal aussi mais on se parle.
    Etre adulte dans le bon sens, c’est avoir une parole propre, qui nous ressemble, qui nous dit. Temps de silence, de contemplation. Temps de parole. Temps d’écoute attentive. Écoute de la Parole de l’autre. Temps de parole.

  2. Marielle Frigault dit :

    Bonjour Lucie, Je découvre ce blog avec émerveillement ce matin… je l’ai découvert en faisant une recherche google s’intitulant “je clique sur les boisés”… j’ai aussi été lauréate dans la catégorie “arbres” (3e prix). D’un article à l’autre je suis parvenue jusqu’à ce blog et je t’avoue que j’aime beaucoup ton écriture. Je n’ai pas beaucoup de temps libre mais je vais tenter d’y revenir très régulièrement. Cet article “Mais je me tais” touche ma fibre sensible, car tout comme toi j’adore ma cité que je parcoure avec caméra à la main régulièrement et, malgré tout, je me tais. Je reviens bientôt

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