Richard Trois… deux, un, ALLEZ-Y!
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J’ai assisté hier soir à une pièce de théâtre mémorable. J’en suis encore chavirée de bonheur. Deux comédiens, au sommet de leur art, sans doute, y incarnent plus d’une quarantaine de personnages à eux-seuls.
Jacques Leblanc et Lorraine Côté se donnent corps et âme pendant deux heures où il est impossible de s’ennuyer, tellement le rythme des changements de scènes et d’émotions est vif et soutenu. Dans un univers froid, noir et inox, nous sommes témoins du machiavélisme de Richard Trois qui est prêt à tout pour accéder au trône. La mort et la tragédie sont au rendez-vous… et aussi le rire, jusqu’au larmes dans mon cas, car la mise en scène regorge de clins d’oeil humoristiques. Il semble que Shakespeare même devienne encore plus grand qu’il ne l’est déjà, grâce au talent de Marie-Josée Bastien, la metteure en scène, et aux trouvailles et à la générosité d’interprétaion de nos deux comédiens.
Mon ami et moi avions le souffle coupé à la fin de la pièce… par tant d’intensité! Si vous n’aviez qu’une seule pièce à voir cette année, c’est sans aucun doute celle vers laquelle vous devriez courir, de peur de la manquer. Digne du Masque de la production théâtrale de Québec ou de ceux d’interprétation féminine et masculine, Richard Trois m’a conquise à 100%.
Vous avez le goût de faire aimer le théâtre à quelqu’un de votre entourage? C’est le moment!
Richard Trois
Au Théâtre de la Bordée
http://www.bordee.qc.ca/richardtrois.html
jusqu’au 12 avril
7 avril 2008 à 8:44
Je confirme tout cet enthousiasme, car j’y étais… Une œuvre exceptionnelle, un rendez-vous avec le théâtre à ne pas manquer!
8 avril 2008 à 8:41
J’ai trouvé huit nouveaux spectateurs qui iront ce soir et demain. Je suis impatiente d’entendre ce qu’ils en auront pensé… à suivre!
8 avril 2008 à 11:28
Quel spectacle génial. Certes, le texte de départ, du Shakespeare, est fort. Mais la puissance d ela pièce réside surtout dans l’adaptation totalement anachronique mais ô combien ingénieuse qu’en ont fait Jacques, Lorraine et Marie-Josée.
Par le type de relations dans le monde de la monarchie, on est bien au Moyen-Âge. Mais avec des écrans télé et des télécommandes, des princes en forme de lampes de chevet, une canne qui devient toute une foule à elle toute seule, un circuit intégré qui, par la magie du gros plan de vient tour à tour cimetière, puis locomotive à vapeur!
Et quelle magie dans l’utilisation de l’espace! Toute description reste nécessairement en-deça de ce qu’on nous met sous les yeux et ne peut donc rendre justice.
Il faudrait aussi décrire le jeu sublime des 40 personnages, mais en réalité des 2 acteurs! Proprement sublime, du grand art.
Lorraine Côté, notamment, endosse à elle seule plus d’une trentaine de rôles, en plus de retrouver avec grand brio la fonction de marionnettiste, qui la mettait tant en valeur dans “La Bible” (Théâtre du sous-marin jaune) pour donner vie à ces deux princes bien “branchés”.
Certes, on ne ressort pas de là avec un méga-remue-émotions ou en étant trituré philosophiquement pour une semaine. non que la pièce soit dénuée de propos: c’est la vacuité de la vénalité qui se déploie progressivement sous nos yeux. Mais il faut admettre que, dans cet ordre, c’est tellement gros que le propos nous atteint moins que dans d’autres pièces: en fait, pratiquement personne à qui s’identifier, ce qui est en général le moteur qui conduit à l’émoi existentiel.
Ce n’est donc pas d’abord pour cela qu’on va voir cette pièce, mais simplement pour l’art lui-même, pour la beauté de la proposition. L’esthétique y est très originale: du noir, de l’acier et quelques sources lumineuses. Mais dans ce décor multiforme se déploie un jeu, une chorégraphie où la précision, millimétrique (et elle doit l’être à cause du recours à des caméras sur la scène et à quelques interventions pré-enregistrées) n’enlève rien à l’émotion et au plaisir. Même l’assassinat des deux jeunes princes, pourtant si cruel, est suggéré d’une façon tellement originale qu’on en reste subjugué.
Que dire de plus! Que cela mérite absolument d’être vu, qu’on rate l’événement théâtral de l’année si on passe à côté de cela!
Bonne soirée!!!
9 avril 2008 à 9:37
Daniel a malheureusement tout dit ce que je voulais écrire….
9 avril 2008 à 11:27
Waaaaaa…..
Que dire… quoi ajouter suite à tant d’intensité? c’est… époustoufflant!
On peut faire une longue liste de ce qui est accrocheur, de ce qui vient nous chercher.
D’abord l’intensité du jeu des acteurs, et la façon d’incarner une foule de personnages avec simplement 2 comédiens.
Tout ceci est certainement très épatant, mais ce qui est venu me chercher, personnellement, c’est l’ambiance. Le climat installé est… comment dire…
le climat est… Freak…
simplement par l’utilisation de tous ces gadgets technologiques utilisés à toutes les sauces dans un contexte totalement inapproprié, ce qui en rend l’utilisation tellement appropriée.
La petite trames sonore, un espèce de bruit d’ambiance, un très léger souffle de vent avec des percussions presque inaudibles… puis ces petites musiques étonnamment sympathiques ou dramatiques suivies de silences glaciaux…
et les costumes, ô combien magistraux et simples à la fois. ces accessoires métalliques sur fond noir. La jambe gauche de Richard a été au contre de mon attention très souvent. il y a trop de détails inusités pour avoir le temps de tous les remarquer.
c’est un chef-d’oeuvre de mise en scène et un bijoux d’interprétation qui nous tiennent captivés pendant deux heures intenses qu’on est quelque peu déçu de voir se terminer.
Je n’aurais jamais deviné que c’était du Sakespeare si on ne me l’avait pas dit, et pourtant, c’était probablement bien meilleur que si ça avait été joué comme il l’avait d’abord imaginé.
Merci Lucie [Maman ;)] pour cette belle découverte artistique. pour cette grande découverte.
sur ce, ruez vous à la billetterie, il ne faudrait pas arriver trop tard…
9 avril 2008 à 11:29
Tout un commentaire Daniel!… digne d’un critique de théâtre!
9 avril 2008 à 11:32
Véro…. à ce que je vois la pièce t’a laissée sans voix!!!!
xxx
9 avril 2008 à 11:47
Je suis toujours contente, Jérémie, de partager ce qui me fait vibrer, ce qui me donne des émotions… heureuse que tu aies aussi vécu de beaux moments par le biais du théâtre, cet art que j’affectionne particulièrement… Je garderai les yeux ouverts pour vous en faire découvrir d’autres… dans la mesure où notre budget le permet bien sûr!!!
9 avril 2008 à 11:49
…j’oubliais Jérémie… une intelligence musicale rythmique on disait?
14 avril 2008 à 11:07
Me revoilà!
En effet, assise devant l’ordi à peine quelques minutes plus tard suivant la représentation, j’étais incapable d’écrire quoi que ce soit. Mon esprit était pris au piège, tourbillonant encore dans cet univers complètement irrationel et affreusement joyeux. J’ai décidé plutôt d’aller dormir pour y replonger et savourer le moment pour encore quelques instants.
Finalement, j’y suis. Richard 3 m’a éblouie. Tant par le jeu sans pareil des deux talentueux comédiens qui, à 100% s’investissent dans leurs multiples rôles que par l’atmosphère légèrement lugubre mais toutefois loufoque qui y règne. Deux heures durant, j’ai été interessé, captivé, charmé, et séduite par la totalité de ce qui se déroulait sous mes yeux.
J’ai été conquise du début à la fin,
merci maman pour cette petite (mais grande) pause artistique!!
Richard 3, à voir absolument!!
14 avril 2008 à 11:17
Belle Véro,
comme je disais plus haut, quand je connecte à quelque chose, j’ai besoin de le partager… et j’espérais de tout coeur ne pas être dans une bulle d’éblouissement coupée du reste du monde en appréciant si intensément cette pièce magistrale. Et les commentaires reçus de vous tous me rendent heureuse et me rassurent: je peux me fier à mon instinct!
Un seul regret: j’aurais aimé être là en même temps que vous tous pour partager sur le vif nos impressions les plus diverses. Mais on ne peut pas se diviser en trois!!!
Alors vivement du théâtre ensemble la prochaine fois?
xxx
5 mai 2008 à 2:01
Je n’ai pas vu cette pièce mais Lucie m’en a parlé. Voilà. Moi aussi, je travaille à la bibliothèque. Mais ce jour-là, cette semaine-là peut-être, je ne pensais pas théâtre. Je venais, moi, d’assister au spectacle de Laurence Jalbert à la salle Albert-Rousseau. Je suis certaine que j’ai touché la même intensité dont parle Lucie concernant cette pièce de théâtre.
Laurence Jalbert est une femme passionnée, entière qu’il me faisait même un peur peur d’aller voir. Mais j’ai été mise en contact avec toute l’expérience humaine et la grande compassion de cette artiste à la voix forte et enveloppante, qui livrait tant d’elle avec une sincérité et une force qui m’ont gagnée en quelques chansons. À la fin, on ne voulait plus la laisser partir, on aurait voulu garder de ces moments sa grande chaleur et toute sa communication avec les autres. C’est dans des moments comme ça qu’on applaudit à la vie, avec ses joies comme avec ses difficultés. Les arts de la scène, les artistes de la scène, en tout cas certains, savent vraiment nous sortir de nous-mêmes et nous offrir des moments de grâce. Je sors souvent de ces soirées avec le mot : Merci et le bonheur au coeur.
6 mai 2008 à 10:40
Il me semble aussi, Danielle, que les arts de la scène et les arts en général permettent d’accéder à ce qu’il y a de plus vrai en nous, aux questions qui nous habitent et aux aspirations qui nous mobilisent. Ils sont essentiels pour cerner qui nous sommes et nous permettent de questionner, sans trouver toujours de réponse, le mystère grandiose qu’est la vie. Les artistes: des éveilleurs de conscience! et notre monde en a besoin…