Éric-Emmanuel Schmitt, philosophe et écrivain français, l’a dit:

28 avril 2008

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«Ce qu’il y a de beau dans un mystère, c’est le secret qu’il contient et non la vérité qu’il cache.»

extrait de Variations énigmatiques


Journée mondiale du livre et du droit d’auteur

23 avril 2008

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Je me posais les questions suivantes aujourd’hui, tout simplement…:

Si, à mes enfants, je ne devais conseiller la lecture que d’un seul livre au début de leur vie d’adulte, lequel leur présenterais-je?

Sans hésiter, ce serait La belle aux oranges de Jostein Gaarder. Ainsi, je les mettrais en contact avec les grandes interrogations et les mystères du sens de la vie, de l’amour, avec la grandeur et la beauté de l’univers… et ce, de façon fort poétique. Oui, La belle aux oranges.

Si, à des enseignants ou tout intervenant auprès de la jeunesse, je ne devais conseiller la lecture que d’un seul livre, lequel leur présenterais-je?

Je n’hésite pas non plus, ce serait Il y a un garçon dans les toilettes des filles de Louis Sachar. Pour sa belle incursion dans la tête d’un enfant rejeté par ses pairs, et les magnifiques mains tendues d’une accompagnatrice exceptionnelle. C’est un hommage vibrant à l’intelligence des enfants.

Voilà! Et vous? lequel me conseilleriez-vous?


Bon Jour de la terre!

22 avril 2008

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Cette journée, c’est une fête, un rappel, une invitation à célébrer la terre! Que cette journée se fasse semaine, mois, année, décennie, siècles pour la Vie!

Une petite résolution avec ça, histoire de pousser l’action un peu plus loin?

http://www.jourdelaterre.org


«Pourquoi prenez-vous des photos?» me dit-il.

17 avril 2008

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Mardi après-midi, j’ai eu l’envie irrésistible d’aller faire de la photographie pour tenter de capter une image qui m’avait frappée quelques temps auparavant. J’étais fébrile à l’idée de retrouver des nacelles élevées vers le ciel, toutes entreposées dans la cour d’un commerçant d’un quartier industriel. «Allons faire de premières ébauches» me suis-je dis avec enthousiasme.

Une fois sur les lieux, je retrouve alors avec joie la mise en scène tant espérée et pars à l’aventure sans plus attendre dans le quartier bruyant, poussiéreux, où les automobiles et les dix roues circulent à une vitesse étonnante. Tout cela m’impressionne un peu et j’ai le désagréable sentiment de recevoir sur moi, à part les sacs de plastique et les déchets qui virevoltent autour de moi, un millimètre de poussière à la minute. J’étouffe. Mais je mets derrière moi ces désagréments avec la ferme intention de capter mes images, espérant trouver l’angle parfait pour saisir mes nacelles. Je fais donc le tour du propriétaire (hors des clôtures bien sûr) en allant et revenant sur mon chemin à quelques reprises.

D’autres images me fascinent pendant mon périple et je suis complètement dans ma bulle. Je repasse pour la troisième fois devant le commerce quand sort de l’entreprise un homme robuste et bien planté, grand et chauve avec des lunettes fumées, vêtu d’une chemise à carreaux rouges et noirs; il s’avance vers moi d’un pas ferme et assuré. Je ne vous mentirez pas, il m’a intimidé un brin. C’est alors qu’il s’approche et me demande sans façon: «Pourquoi prenez-vous des photos ?» petit silence de ma part, étonnée de me faire demander cela… après tout, la vue est publique et je ne suis pas en tort. Mais rapidement je me dis qu’il me soupçonne d’espionnage industriel ou pense que je fais un reportage sur la pollution visuelle. Je réponds alors avec la plus grande sincérité en disant: «Mais parce que c’est beau!». C’est à son tour à garder un silence étonné… J’en rajoute en lui confiant que chaque fois que je passe par là, je m’émerveille de ces nacelles toutes élevées vers le ciel et que les bleus, les rouges et les jaunes sont magnifiques!!!» Il commence à sourire… Et je rajoute naïvement: «Vous savez, j’aime faire de la photo symbolique et tout ça, c’est de la poésie industrielle!…» Et là, je crois qu’il a craqué. Son sourire s’est ouvert davantage et d’un sincère «c’est beau, vous pouvez continuer!», il est reparti dans son entrepôt. Pas un mot de plus. Devant moi en tout cas.

J’ose à peine penser à ce qu’il a dû raconter à ses collègues en rentrant. Peut-être a-t-il suggéré à ses potes de travail qu’il y avait une folle à l’extérieur qui faisait de la «poésie industrielle». J’entends d’ici les rires juteux. Cela m’est égal. Je suis repartie moi-même en riant de ma réplique. Je me suis trouvée drôle ce jour-là. Il m’arrive de me dire aussi que cet homme, pour la première fois de sa vie, a peut-être vu en sa lourde machinerie qu’il côtoit quotidiennement, un peu de beauté et de poésie!…

poésie industrielle
Premier essai de poésie industrielle, 2008.


Les observations d’une bibliothécaire… 2

14 avril 2008
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Le type «courageux timide»


Il y a sur cette terre, dans nos villes et dans notre entourage, des êtres courageux plus que nous. Il se trouvent, tout près,  des gens  à qui la vie n’a pas donné la chance de développer des relations interpersonnelles faciles et harmonieuses; ces êtres sensibles n’ont pas goûté la joie comblante de communiquer simplement et ouvertement avec leurs pairs. Ils en souffrent… Ils voudraient tant s’ouvrir aux autres mais éprouvent des difficultés qui leur semblent parfois insurmontables. Sacrée et pourrie timidité qui altère notre vision des autres! Introvertis, ils s’emprisonnent eux-mêmes, à l’occasion, dans une solitude qui leur pèse atrocement. (et je sais de quoi je cause…)

J’en arrive au courage… Chaque matin, ils affrontent leur peur des autres, la phobie sociale qui les assaille et les rend si inconfortables dans un quotidien qui paraît si simple pour la majorité d’entre nous… 

Se présenter au comptoir de la bibliothèque avec des livres qui ont pour titre: Comment se faire des amis, Comment entamer une conversation,  ou Pour ne plus être seul dénote une volonté ferme de s’en sortir et d’arriver enfin à créer des contact humains dignes de ce nom. Pour ces «courageux timides», le seul passage au comptoir de prêt est un véritable tour de force. Le regard fuyant, ils attendent impatiemment leur relevé espérant que cette épreuve d’humain à humain se termine le plus rapidement possible.

À ceux-là, je lève mon chapeau et m’incline bien bas devant ce simple geste presque héroïque. Et je ne demande pas mieux que, presque tendrement, nos regards se croisent  pour leur transmettre un peu de chaleur. Car après tout, nous sommes pas tous des individus froids et menaçants…


Marguerite Yourcenar, écrivaine française, l’a dit:

10 avril 2008

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«Il faut toujours un coup de folie pour bâtir un destin.»


Richard Trois… deux, un, ALLEZ-Y!

3 avril 2008

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J’ai assisté hier soir à une pièce de théâtre mémorable. J’en suis encore chavirée de bonheur. Deux comédiens, au sommet de leur art, sans doute, y incarnent plus d’une quarantaine de personnages à eux-seuls.

Jacques Leblanc et Lorraine Côté se donnent corps et âme pendant deux heures où il est impossible de s’ennuyer, tellement le rythme des changements de scènes et d’émotions est vif et soutenu. Dans un univers froid, noir et inox, nous sommes témoins du machiavélisme de Richard Trois qui est prêt à tout pour accéder au trône. La mort et la tragédie sont au rendez-vous… et aussi le rire, jusqu’au larmes dans mon cas, car la mise en scène regorge de clins d’oeil humoristiques. Il semble que Shakespeare même devienne encore plus grand qu’il ne l’est déjà, grâce au talent de  Marie-Josée Bastien, la metteure en scène, et aux trouvailles et à la générosité d’interprétaion de nos deux comédiens.

Mon ami et moi avions le souffle coupé à la fin de la pièce… par tant d’intensité! Si vous n’aviez qu’une seule pièce à voir cette année, c’est sans aucun doute celle vers laquelle vous devriez courir, de peur de la manquer. Digne du Masque de la production théâtrale de Québec ou de ceux d’interprétation féminine et masculine, Richard Trois m’a conquise à 100%.

Vous avez le goût de faire aimer le théâtre à quelqu’un de votre entourage? C’est le moment!

Richard Trois
Au Théâtre de la Bordée

http://www.bordee.qc.ca/richardtrois.html
jusqu’au 12 avril


Les observations d’une bibliothécaire…

2 avril 2008

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Certaines personnes frappent mon imaginaire et c’est à elles que je dédie cette série que je débute aujourd’hui. Voici ce qu’elles m’inspirent… Toute ressemblance avec des personnages réels n’est que pure coïncidence.

Le type «fantôme solitaire»

Ce type fantôme hante les murs de la bibliothèque à temps plein. Tous les jours de la semaine, il apparaît dès l’ouverture et quitte gentiment lorsque vient l’heure de la fermeture, sans fracas ni bruit de chaînes . Il est là, il erre un peu désabusé, laisse passer le temps dans un coin en roupillant un brin parfois. Il passe presqu’inaperçu et se fait toujours des plus discret. On le remarque par la fluidité de sa démarche silencieuse, et son besoin (et oui les fantômes ont aussi de mauvaises habitudes) d’aller «prendre l’air» en fumant sa cigarette à toutes les trente minutes. Et après trois heures d’errance, il finit par se manifester à nous en demandant tout doucement, chaque jour: «Scusez! avez-vous l’heure?» Comme s’il en doutait encore… et nous remercie chaque fois de façon bien polie.

Rare sont les fois où il ouvre un livre;  si l’envie de faire quelque chose lui vient, il jettera son dévolu sur un poste informatique. De nature plutôt lunatique, il sera surpris d’entendre la musique qui annonce l’imminente fermeture de l’établissement. Il ne ferait pas de mal à une mouche… il semble doux comme un agneau, mais il vagabonde, là, comme dans la vie sans doute, car il est de tendance très solitaire. Trop solitaire. Y a-t-il quelqu’un pour lui rappeler qu’il n’est pas vraiment un fantôme?